Texte Libre

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Un bonjour amical aux nomades qui traversent cet espace, l'espace d'un moment, d'une lecture, d'une réflexion et des fois juste le temps d'un passage . "Kalam" en arabe veut dire la parole ou les mots, phonétiquement, ça pourrait être le "calame" : le roseau taillé pour calligraphier en arabe.
L'idée de ce blog est d'associer le geste calligraphique à une réflexion, des fois quotidienne, des fois moins régulière, tout dépend du moment et de son humeur. cet espace n'est pas un journal intime encore moins un portofolio de calligraphie, c'est juste une illustration à un moment donné, d'une pensée, d'une réflexion, d'une phrase lue ici ou là ou tout simplement un partage d'un moment de création autours de la calligraphie arabe. Ce blog est aussi un terreau pour une interactivité, donc c'est aussi le votre. vous pouvez y déposer vos pensées, vos réflexions, vos remarques ou votre propre analyse d'une actualité surabondante. Pour les amoureux de cet art qu'est la calligraphie arabe, traditionnelle, ou contemporaine; n'hésitez pas à laisser les mots ou les phrases que vous souhaiteriez voir illustrés en calligraphie sur ce blog.

à plus tard, ici ou ailleurs!

Abd el Malik Nounouhi

nounouhi@gmail.com

 

 

 

Vendredi 18 janvier 2008

Paroles d'horizon

« Le rendez-vous des dunes »

Je marchais à la vitesse du vent qui, tantôt me poussait, tantôt me faisait barrage en ralentissant mes pas, comme pour dire que dans le désert rien ne sert de courir, tout vient à l'heure du soleil et aux rythmes des dunes.

Moi je poussais un peu le vent, je forçais un peu mes pas. Ce soir là j'avais rendez-vous avec le soleil qui m'avait gentillement prié de passer le voir à l'heure du coucher et lui raconter une histoire, une berceuse pour ralentir la marche du temps.

Je poussais le vent, je forçais sur mes pas car j'avais quelques longueurs de retards, quelque mots qui alourdissaient ma marche et me répétaient sans cesse «  tu es en retard, tu es en retard et le soleil en sera peiné. »

Je n'avais ni l'envie ni le désir de voir le soleil partir se coucher enveloppé de mélancolie et de tristesse alors j'ai poussé le vent! Une fois pour toute! Oust!

Et le vent s'est retrouvé dans mon dos à me pousser tout en me parlant, ses mots vagabondaient dans l'air avant de m'arriver par brides, il disait : « Ce n'est pas la peine de courir, tu n'est nullement en retard, ne vois tu pas le soleil? il n'a de cesse de te regarder, lèves les yeux de tes pas et tu verras qu'il n'est point peiné, il t'écoute, tends l'oreille, ralentis la marche, redresses ta démarche et aies le coeur en paix. Car pour raconter il faut du souffle et pour respirer il faut laisser le temps au coeur de prendre son temps et souffler doucement à sa guise. »

Alors j'ai laissé le vent me guider, j'ai enlevé mon turban, les cheveux au vent et j'ai longé les dunes, de la plus haute à la plus allongée.

Le ciel changeait de lumière, les oiseaux migrateurs rythmaient le silence par des paroles non dites et les nuages se dispersaient et se laissaient pousser des ails à leur tour.

Arrivé à la dune au visage tourné vers l'est, Je me suis assis, soulagé d'être enfin arrivé. L'horizon se montrait devant moi à ne plus en finir et le soleil clignait des yeux, un sourire aux lèvres.

Il semblait ravi de me voir ne plus dire un mot, silencieux, juste à le regarder droit dans les yeux.

Je suis resté ainsi un moment qui me semblait être une éternité. Le coeur prit d'un soulagement, d'une légèreté. Mes mots s'échappaient de moi par vagues et erraient en jouant avec les grains de sable que le vent soulevait délicatement et je suis resté là, à défaut de raconter une histoire au soleil, je me suis retrouvé à écouter sa voix. Lui qui me murmurait d'une voix infini, « Ralentis la marche et relèves ta démarche. Fais de ce sable un monde, de chaque grain un continent et laisse toi porter par la rotation du vent au grès des tourbillons et garde à l'esprit l'objet de ta recherche, ton voyage ne sera pas vain. »

Ses paroles m'atteignaient comme des caresses amoureuses, des accolades de retrouvailles anciennes, une sorte d'apaisement, un bien être des sens et le soleil s'en alla à reculons, tout en chuchotant, doucement.

La lune revenait de son repos pour prendre le relais et moi je me penchais par dessus les nuages les yeux fermés, le corps léger et le regard dans milles et une images nouvelles invisibles à mes yeux fatigués.

par kalimalik publié dans : Nouvelles Illustrées
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